En crochet, il y a des points qui font tout de suite “waouh”… et d’autres qui font mieux : ils tiennent dans le temps. La maille serrée fait partie de ces bases incontournables qui transforment une idée en ouvrage résistant, capable d’affronter le quotidien sans se déformer. C’est le point qu’on retrouve partout, du panier de rangement à l’amigurumi, du bord propre sur une couverture à la base d’un sac qui ne s’affaisse pas.
Ce qui rend la maille serrée si précieuse, c’est sa densité. Avec une bonne technique de maille, elle donne un tissu compact, net, et surtout fiable. Et même si elle est souvent enseignée dès les débuts, elle mérite mieux qu’un apprentissage “vite fait” : une vraie maîtrise des mailles, ça change la régularité, la tenue, et le plaisir de crocheter. Le bonus, c’est que cette base sert aussi à mieux comprendre les points de crochet plus avancés… et à faire le pont avec le tricot quand l’envie de varier pointe le bout de son nez.
| En bref |
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| Envie de créer avec tes mains ? Voici ce qu’il faut retenir. |
| Point clé #1 : une maille serrée bien régulière, c’est le secret d’un tissu dense qui tient la route (sacs, paniers, amigurumis). |
| Point clé #2 : piquer sous les deux brins de la chaînette évite que la base se torde et garde une belle forme. |
| Point clé #3 : l’erreur classique, c’est de rater la première ou la dernière maille du rang… et de voir l’ouvrage s’élargir ou rétrécir. |
| Bonus : recompter ses mailles sur les premiers rangs et utiliser un marqueur, c’est une astuce simple qui évite 80% des prises de tête. |
Maille serrée au crochet : comprendre pourquoi ce point rend tes créations solides
La maille serrée est un point de base du crochet qui crée un tissu compact. Concrètement, chaque maille “remplit” l’espace : il y a peu de trous, peu de jeu, et donc une vraie sensation de tenue. C’est exactement ce qu’il faut pour des créations solides : un fond de sac qui ne s’affaisse pas, une corbeille qui reste debout, un amigurumi qui garde sa forme même après des câlins à répétition.
Dans l’artisanat textile, on cherche souvent l’équilibre entre souplesse et structure. La maille serrée se place du côté “structure”, sans être rigide si la tension est bien gérée. Elle devient alors une brique de construction : stable, régulière, rassurante. Et c’est aussi pour ça qu’elle est enseignée si tôt : elle apprend le geste, le rythme, et le repérage des mailles.
Quand choisir la maille serrée (et quand l’éviter)
La maille serrée est idéale dès que l’objet doit porter, contenir ou résister. Par exemple, un tote bag au crochet en maille serrée supporte mieux le poids qu’un point très ajouré. Un bonnet en maille serrée coupe mieux le vent qu’un point “grille”. Et pour un doudou crocheté, elle évite que le rembourrage ne se voie.
À l’inverse, si l’objectif est la fluidité (un châle léger, un gilet vaporeux), la maille serrée peut donner un résultat trop dense. Dans ce cas, elle reste utile en bordure, en renfort, ou pour structurer certaines zones. Pour aller vers des points plus aérés, un bon passage consiste à explorer la demi-bride : découvrir la demi-bride au crochet quand on débute.
Le fil conducteur : le petit “atelier de Léa”
Imagine Léa, qui veut crocheter un panier pour ranger ses pinceaux et ses pelotes. Premier essai : point trop lâche, panier mou. Deuxième essai : tension trop serrée, mains crispées et crochet qui accroche. Troisième essai : maille serrée régulière, fil qui glisse bien, et panier qui tient debout. La différence ne vient pas du talent, mais de la technique de maille et de la répétition du geste.
Retenir ceci aide à progresser vite : la maille serrée n’est pas “simple”, elle est fondatrice. Une base stable, c’est un projet qui avance sans se battre contre la matière.

Tuto maille serrée pas à pas : le geste qui change tout (et le rang qui reste droit)
Pour pratiquer sans pression, l’exercice le plus efficace est ultra simple : crocheter une chaînette de 10 mailles, puis enchaîner plusieurs rangs de maille serrée. Cette répétition crée la maîtrise des mailles : on sent la bonne tension, on repère mieux où piquer, et on voit vite si l’ouvrage reste bien rectangulaire.
Côté matériel, un crochet taille 4 et un fil qui ne se dédouble pas facilitent vraiment l’apprentissage. Quand le fil s’ouvre en deux, le crochet attrape un brin sur deux et la régularité part en vacances. Autant se simplifier la vie au départ.
Le premier rang : la base propre qui évite les bords tordus
Commence par monter 10 mailles en l’air, puis ajoute 1 maille en l’air pour “monter” au rang suivant. Cette maille de montée remplace la première maille serrée du rang. Résultat : on ne double pas les mailles sans s’en rendre compte.
Ensuite, il reste 9 mailles serrées à crocheter sur la chaînette, parce que la maille de montée compte déjà . Pour chaque maille serrée : pique le crochet sous les deux brins de la chaînette. Si un seul brin est pris, la base se déforme et le bord fait une vague pas très glamour.
Le geste est toujours le même : piquer, faire un jeté, ramener une boucle (deux boucles sur le crochet), refaire un jeté, et écouler à travers les deux boucles. Une seule boucle reste : la maille est faite.
Les rangs suivants : repérer la première et la dernière maille
À la fin du rang, retourne l’ouvrage. Fais 1 maille en l’air qui compte comme la première maille serrée du rang. Puis crochette les 9 autres mailles serrées dans les mailles du rang précédent, toujours sous les deux brins.
Le piège classique se cache ici : la première maille serrée réelle ne se fait pas n’importe où. Si elle est piquée dans la maille de montée, l’ouvrage s’élargit. Et si la dernière maille est oubliée (souvent moins visible), l’ouvrage rétrécit. Pour ne pas se faire avoir, le réflexe le plus simple est de recompter : sur les premiers rangs, vérifier qu’il y a toujours 10 mailles au total. Un marqueur peut aider à repérer la dernière maille.
Ce mini-exercice est parfait à glisser dans une routine détente. Dix minutes par jour suffisent pour sentir le geste devenir naturel, et ça se voit tout de suite sur la régularité.
Régularité, tension, confort : la technique de maille qui rend l’ouvrage résistant (sans se crisper)
Le plus gros levier pour obtenir un ouvrage résistant en maille serrée, ce n’est pas de serrer comme si la vie en dépendait. C’est de viser une tension stable. Une maille trop serrée fatigue la main, rend le crochet difficile à piquer, et donne un tissu raide. Une maille trop lâche crée des trous, une forme moins nette, et une moindre tenue.
La bonne nouvelle : la tension se règle avec de petites habitudes, pas avec de la force. Les doigts doivent guider le fil, pas le tirer. Les épaules restent basses. Et le fil glisse de façon régulière, comme un ruban qu’on déroule.
Trois ajustements concrets Ă tester tout de suite
- Changer de position de fil : si le fil passe sur l’index et bloque, essaie de le faire passer plus “souple” (par exemple entre index et majeur) pour un débit plus fluide.
- Respirer au moment du jeté : ça peut sembler bête, mais beaucoup de crocheteuses se crispent sur cette micro-action. Relâcher au jeté = maille plus régulière.
- Choisir un fil docile : coton retors ou acrylique doux, tant que ça ne se dédouble pas. La progression est plus rapide et plus agréable.
Et si la maille serrée devient trop “carton” ?
Quand le tissu est trop rigide, il y a deux pistes simples. La première : relâcher un peu la tension, en laissant les boucles respirer sur le crochet avant d’écouler. La seconde : monter d’une demi-taille de crochet. Parfois, passer de 4 à 4,5 suffit à transformer l’expérience.
Pour aller plus loin sur l’équilibre entre tenue et confort, il y a un guide utile sur les mailles moins raides : travailler des mailles plus souples sans perdre la régularité. Ce genre d’ajustement est précieux quand un projet doit être solide, mais agréable à porter ou à manipuler.
Une maille serrée réussie, c’est une maille qui se répète sans douleur : quand le corps est à l’aise, la régularité suit.
Projets faciles en maille serrée : des créations solides dès les premières pelotes
La maille serrée n’est pas seulement un exercice d’école : c’est un point ultra rentable pour se faire plaisir rapidement. Et comme le tissu est dense, même un petit projet donne une sensation de qualité. C’est exactement ce qu’il faut quand l’envie de créer est là , mais que le temps est compté.
Pour des idées guidées, une bonne base consiste à choisir un projet court, utile, et répétitif. Les mains apprennent pendant que l’objet se construit. Pour démarrer avec des pièces accessibles, ce guide aide à choisir : premières pièces au crochet à réaliser sans pression.
3 projets “atelier du soir” qui musclent la maîtrise des mailles
1) Le dessous de tasse épais : en rond ou en carré, la maille serrée donne un résultat stable. Teste deux fils différents : coton et acrylique, et compare la tenue.
2) La petite panière de rangement : idéale pour l’artisanat textile du quotidien (élastiques, pinces, accessoires de couture). Un fond en maille serrée + des parois en maille serrée, et l’objet reste debout si le fil est un peu ferme.
3) La fleur déco bien dense : la maille serrée crée des pétales nets. Pour une version maison (vase, guirlande, couronne), des idées sont à piocher ici : crocheter des fleurs pour décorer l’intérieur.
Gagner du temps sans se mettre la pression
Une question revient souvent : “combien de temps faut-il pour apprendre ?”. En réalité, l’apprentissage se fait par couches : une séance pour comprendre, quelques sessions pour automatiser, et ensuite on ajuste. Si l’idée est de caler ça dans une vraie vie déjà remplie, ces repères peuvent aider : trouver du temps pour apprendre le crochet et évaluer la durée d’apprentissage selon les objectifs.
Le point important : la maille serrée récompense vite. Plus le projet est simple, plus la progression est visible, et plus l’envie de continuer grandit.
Du crochet au tricot : relier la base de tricot et la maille serrée pour créer plus librement
Le crochet et le tricot sont deux mondes cousins. La maille serrée appartient au crochet, mais l’état d’esprit qu’elle enseigne sert aussi en base de tricot : compter, lire sa matière, comprendre la construction rang après rang. Quand les mains intègrent ces réflexes, passer d’une technique à l’autre devient naturel.
Par exemple, une créatrice peut tricoter un panneau souple (pour le tombé), puis crocheter une bordure en maille serrée (pour la tenue). Ou crocheter un fond de sac en maille serrée, puis ajouter une partie tricotée plus élastique. Cette mixité est très actuelle dans l’artisanat textile, parce qu’elle combine structure et confort.
Tableau pratique : maille serrée vs points tricot pour choisir selon l’usage
| Besoin du projet | Solution au crochet | Option côté tricot |
|---|---|---|
| Tenue et structure (panier, sac, amigurumi) | Maille serrée (tissu dense) | Point mousse serré + doublure éventuelle |
| Bord propre (finition d’encolure, bordure) | Maille serrée en bordure (régularise) | i-cord ou côtes pour l’élasticité |
| Souplesse et drapé (gilet, châle) | Demi-brides / brides selon le rendu | Jersey, dentelles, ajourés |
| Résistance à l’usage (anses, renforts) | Maille serrée + fil robuste | Tricot doublé, ou couture d’un galon |
Un pont concret : le gilet crochet avec des zones structurées
Sur un gilet, la maille serrée peut devenir la finition qui change tout : bandes de boutonnage qui ne roulent pas, bas plus net, bords d’emmanchures plus stables. Pour des pistes très concrètes sur la construction et les finitions, ce guide est une mine : astuces pour crocheter un gilet femme et obtenir de belles finitions.
Et si l’hésitation est “crochet ou tricot ?”, il existe des repères simples pour se lancer selon le style de projet : choisir entre commencer le tricot ou le crochet. Au fond, l’important est de garder le plaisir : une base solide ouvre plus de portes qu’elle n’en ferme.
Pourquoi la maille serrée est-elle considérée comme indispensable pour des créations solides ?
Parce qu’elle forme un tissu dense, avec peu d’espaces entre les mailles. Cette compacité donne de la tenue, limite les déformations et améliore la durabilité, ce qui est idéal pour un sac, un panier, un amigurumi ou des bordures qui doivent rester nettes.
Combien de mailles serrées faut-il faire après une chaînette de 10 mailles ?
Si une maille en l’air est ajoutée pour monter et qu’elle compte comme la première maille du rang, il reste 9 mailles serrées à crocheter sur la chaînette. L’essentiel est de garder le même total à chaque rang (ici 10) en recompant au début.
Que faire si l’ouvrage s’élargit ou rétrécit en maille serrée ?
S’il s’élargit, la première maille est souvent piquée au mauvais endroit (dans la maille de montée) et une maille est ajoutée. S’il rétrécit, la dernière maille est souvent oubliée. Un marqueur placé sur la première et/ou la dernière maille du rang aide énormément, tout comme le comptage régulier sur les premiers rangs.
Faut-il toujours piquer sous les deux brins en maille serrée ?
Pour un rendu stable et une base qui ne se déforme pas, oui, piquer sous les deux brins est la méthode la plus sûre, surtout quand on débute. Piquer dans un seul brin peut être utilisé comme effet (relief, bordures), mais demande plus de contrôle pour éviter les torsions.
Comment rendre la maille serrée moins rigide sans perdre la tenue ?
En relâchant légèrement la tension, en laissant les boucles se former sans tirer, et parfois en utilisant un crochet un peu plus grand. Un fil qui glisse bien et ne se dédouble pas aide aussi à garder un geste fluide, donc des mailles régulières et confortables.

Je m’appelle NoĂ©mi, et je suis une passionnĂ©e de DIY. J’adore le tricot, le crochet, la peinture et toutes les activitĂ©s manuelles qui stimulent ma crĂ©ativitĂ©. Sur ce site, je partage mes projets, mes astuces et mon amour pour l’artisanat.

