Le surjet simple est l’un de ces gestes modestes qui changent la silhouette entière d’un tricot. Derrière cette diminution de base se cache une mécanique précise : une maille est glissée, la suivante est tricotée, puis la première vient la recouvrir. Le nombre de mailles baisse d’une unité et, surtout, une ligne s’incline vers la gauche. Sur un raglan, une encolure, la couronne d’un bonnet ou un motif ajouré, ce détail devient une véritable signature visuelle.
Cette technique de tricot a l’avantage d’être lisible, facile à mémoriser et particulièrement agréable avec une laine épaisse ou des aiguilles dont la pointe n’est pas très fine. Elle évite de manipuler deux boucles simultanément, contrairement à certaines variantes. Pour Lila, tricoteuse débutante qui prépare son premier gilet, le déclic arrive souvent au moment où elle comprend que diminuer ne consiste pas seulement à enlever une maille : il s’agit de dessiner le tissu, rang après rang, avec une direction, un rythme et une intention.
En bref : les repères essentiels du surjet simple au tricot
- Le surjet simple enlève une maille et produit une diminution inclinée vers la gauche sur l’endroit du travail.
- Dans les explications françaises, il apparaît souvent sous l’abréviation SS ; les patrons anglophones indiquent fréquemment SKP ou SKPO.
- Le geste classique est : glisser une maille à l’endroit, tricoter la suivante à l’endroit, puis passer la maille glissée par-dessus.
- Il se place couramment au début d’un rang endroit et s’associe à une diminution inclinée à droite pour créer un effet miroir.
- Une tension régulière et une maille lisière bien tenue sont les deux conditions d’une ligne de diminution propre.
- Les jetés et les surjets permettent de conserver le même nombre de mailles dans les motifs de dentelle.
Surjet simple : comprendre cette diminution de base à connaître
Une diminution transforme plusieurs colonnes de mailles en une seule. Avec le surjet simple, deux mailles deviennent une maille : l’ouvrage perd donc une unité sur le rang. Cette réduction des mailles peut paraître purement comptable, mais son effet est aussi graphique. La boucle glissée passe au-dessus de la maille nouvellement tricotée et trace une diagonale qui s’oriente vers la gauche lorsqu’on regarde l’endroit du tissu.
Cette orientation explique pourquoi le surjet simple est si précieux. Les formes tricotées réclament rarement des bords arbitraires : une manche doit s’affiner, un col doit s’ouvrir, un bonnet doit se refermer avec souplesse. En choisissant une diminution penchée, la personne qui tricote décide si la ligne accompagne le dessin ou le contrarie. Un simple assemblage de deux diminutions peut ainsi donner à une emmanchure une allure nette et professionnelle.
Les abréviations à reconnaître dans un patron
Les modèles français emploient souvent SS pour « surjet simple ». Dans les patrons en anglais, SKP signifie généralement « slip, knit, pass slipped stitch over » : glisser, tricoter, passer la maille glissée par-dessus. SKPO est une autre notation proche. Ces écritures désignent le même principe visible, même si la manière exacte de glisser la boucle peut légèrement influencer le rendu.
Il ne faut pas confondre le surjet avec le SSK, parfois traduit par GGT. Le SSK demande de glisser deux mailles, de les replacer ou de les travailler ensemble par le brin arrière. Les deux techniques créent une inclinaison similaire vers la gauche, mais le surjet simple reste souvent plus intuitif. Avec un fil rustique, une laine mèche ou des aiguilles à pointe émoussée, cette simplicité rend le geste plus fluide.
| Technique | Mailles retirées | Inclinaison visible | Usage fréquent |
|---|---|---|---|
| Surjet simple / SS | 1 | Vers la gauche | Début de rang, dentelle, raglan |
| 2 mailles ensemble endroit | 1 | Vers la droite | Fin de rang, lignes symétriques |
| SSK / GGT | 1 | Vers la gauche | Alternative au surjet |
| Surjet double / SD | 2 | Vers la gauche | Dentelle structurée, pointes marquées |
Dans le projet de Lila, le surjet simple apparaît d’abord sur les bords d’un gilet sans manches. Elle remarque que les deux côtés ne peuvent pas être tricotés avec le même geste : la ligne gauche du vêtement réclame une pente différente de la ligne droite. Voilà pourquoi apprendre cette diminution de base ouvre une porte vers la maîtrise du tricot : elle donne les moyens de lire la géométrie cachée dans chaque patron.
Avant de diminuer, il est utile de soigner les premières boucles du rang. Une maille lisière de qualité stabilise le bord et laisse les diminutions jouer leur rôle sans créer d’effet gondolé. Le surjet n’est donc pas un geste isolé ; il appartient à une petite architecture de mailles qui soutient toute la pièce. La direction d’une diminution est souvent invisible de loin, mais elle impose la cohérence de près.

Comment faire un surjet simple à l’endroit sans déformer la maille
Le surjet simple se travaille en général sur l’endroit de l’ouvrage, souvent après une ou deux mailles de bordure. La laine doit rester derrière le travail, comme pour une maille endroit classique. L’objectif n’est pas la vitesse : il faut voir les deux mailles concernées, comprendre laquelle restera et laquelle viendra se poser au-dessus.
- Glisser une maille de l’aiguille gauche vers l’aiguille droite comme pour la tricoter à l’endroit, sans la travailler.
- Tricoter la maille suivante à l’endroit de manière habituelle.
- Avec la pointe de l’aiguille gauche, soulever la maille glissée.
- La faire passer par-dessus la maille tricotée, puis la laisser tomber de l’aiguille droite.
Le compte est immédiat : deux boucles étaient présentes, une seule demeure. Il faut ensuite poursuivre le rang normalement. Pour s’entraîner, Lila place un marqueur après sa maille lisière et réalise toujours son surjet au même endroit. Cette régularité l’aide à identifier la diagonale après quelques rangs, sans devoir deviner où elle a diminué.
La tension : le détail qui rend la diminution élégante
La difficulté la plus fréquente ne vient pas de l’ordre des gestes, mais de la tension. Lorsqu’on soulève la maille glissée, on peut être tentée de tirer trop fort pour l’aider à passer. La boucle s’allonge alors, forme une ouverture disgracieuse et attire l’œil. Il vaut mieux ouvrir légèrement les deux aiguilles, laisser passer la maille avec douceur, puis reprendre une tension normale au point suivant.
Une bonne méthode consiste à réaliser le geste près de la pointe de l’aiguille. Les mailles y sont moins serrées et le passage se fait sans lutter contre le métal ou le bois. Avec un fil très gonflant, il est même utile de relâcher imperceptiblement la main qui guide la laine. Le tissu garde alors son relief naturel, au lieu d’afficher une diminution étranglée.
Pour un résultat plus net, certaines tricoteuses ajustent la boucle située sous le surjet au rang suivant. Il suffit d’identifier la maille qui supporte la diagonale et de tirer très légèrement son brin gauche avec la pointe de l’aiguille. Ce micro-ajustement redistribue la réserve de fil. Il ne faut pas étirer le point : on cherche seulement à effacer l’impression de relâchement qui accompagne parfois les diminutions vers la gauche.
Le geste devient particulièrement parlant sur un échantillon de jersey. Montez vingt mailles, tricotez deux rangs, puis réalisez un surjet après la première maille au début de chaque rang endroit. En parallèle, tricotez deux mailles ensemble avant la dernière maille. Après six répétitions, une petite bande trapézoïdale apparaît. Elle prouve que la technique de tricot ne se résume pas à suivre une formule : les diminutions sculptent réellement l’étoffe.
Si le rendu vous semble irrégulier, ne défaites pas tout immédiatement. Comparez les mailles avant et après la diminution, observez la taille de leurs boucles, puis ajustez votre manière de tenir le fil. Une pratique courte mais attentive vaut mieux qu’une longue séance automatique. Un surjet simple réussi est une diminution qui reste visible par son dessin, pas par sa tension.
Diminutions en miroir : associer le surjet simple à la bonne bordure
Un surjet simple prend toute sa force lorsqu’il dialogue avec une diminution inclinée dans l’autre sens. Pour un vêtement symétrique, on veut que les lignes convergent ou s’écartent comme deux branches équilibrées. Au début du rang endroit, le surjet simple penche vers la gauche. À la fin, la diminution correspondante doit pencher vers la droite.
La paire la plus connue associe souvent un SSK ou un surjet à « deux mailles ensemble à l’endroit ». Cette dernière est très directe : on insère l’aiguille droite dans deux mailles à la fois et on les tricote ensemble. La maille située initialement à droite recouvre l’autre, d’où une pente vers la droite. Sur un raglan, les deux lignes encadrent une colonne centrale et créent une arête très lisible.
Le KSP, une jumelle moins connue mais très cohérente
Le surjet simple peut également s’associer au KSP, une diminution orientée vers la droite obtenue par rabattage. On tricote une maille, on la replace sans la tordre sur l’aiguille gauche, puis on fait passer la maille suivante par-dessus elle. La maille résultante est ensuite replacée sur l’aiguille droite comme pour la tricoter à l’envers. Cette construction demande un peu de patience, mais elle produit un vocabulaire visuel très proche du surjet.
Dans un cardigan, Lila choisit cette paire pour les côtés de la taille. Elle réalise son SS après deux mailles de bordure, tricote jusqu’aux trois dernières mailles et travaille le KSP. Les deux lignes semblent se répondre, sans qu’une diminution soit plus lourde que l’autre. Cette symétrie est particulièrement intéressante lorsqu’un modèle laisse les diminutions apparentes, par exemple sur du jersey uni ou une laine claire.
La place exacte compte autant que le type choisi. Une diminution effectuée à une maille du bord donne une ligne fine, proche de la couture future. Placée après trois ou quatre mailles, elle dessine un petit panneau latéral. Sur un point texturé, comme le point de riz, on peut préférer dissimuler la réduction des mailles près de la bordure afin de ne pas casser le motif central.
Adapter le surjet aux rangs envers
Certains motifs imposent des diminutions visibles sur l’endroit alors que l’on travaille un rang envers. Le SPP constitue alors une solution : avec le fil devant, on glisse une maille comme pour l’envers, on tricote la suivante à l’envers, puis on passe la maille glissée par-dessus. Vu sur l’endroit, le dessin s’inverse par rapport au geste réalisé sur l’envers.
Cette logique peut sembler déroutante, mais elle devient naturelle dès que l’on retourne l’échantillon après chaque rang. Le tricot possède toujours deux lectures : celle de la main au travail et celle de la surface exposée. Les diminutions miroir demandent précisément de garder ces deux visions en tête. La meilleure paire n’est pas la plus rapide : c’est celle dont les deux pentes racontent la même forme.
Surjet simple et motifs ajourés : créer du relief sans perdre de mailles
Dans la dentelle, le surjet simple ne réduit pas nécessairement la largeur de l’ouvrage. Il peut servir à fabriquer un trou, une nervure ou une feuille, lorsqu’il est associé à un jeté. Le jeté ajoute une maille ; le surjet en retire une. Le total reste identique, mais le tissu se transforme. Cette alternance est au cœur des points ajourés : la matière ne disparaît pas, elle se déplace et laisse respirer la lumière.
Un exercice accessible consiste à travailler un multiple de six mailles, avec une maille de bordure de chaque côté. Sur le rang endroit, tricotez deux mailles endroit, puis répétez : un surjet simple, un jeté, une maille endroit, un jeté, deux mailles ensemble à l’endroit, une maille endroit. Au rang envers, tricotez toutes les mailles à l’envers. Le motif crée une petite échelle, encadrée par deux diminutions opposées.
Lire le motif plutôt que réciter une suite de gestes
Au début, un point ajouré semble être une phrase compliquée. Pourtant, il se lit vite : le surjet simple dessine la pente gauche d’une ouverture, les deux mailles ensemble dessinent la pente droite, et les jetés forment les jours. Si un trou manque, ce n’est pas seulement une erreur de calcul ; c’est un indice visuel. Si le tricot se resserre, un jeté a probablement été oublié. S’il s’élargit, une diminution manque.
Cette manière de lire son ouvrage est précieuse lorsqu’on découvre des modèles de points de tricot plus ambitieux. Plutôt que de vérifier chaque maille sur la grille, on identifie les colonnes, les diagonales et les ajours. Lila utilise un marqueur tous les rapports de motif : elle peut alors compter six mailles, vérifier l’équilibre de chaque module et corriger une inattention avant que le défaut ne se propage.
Le point vague offre un autre terrain de jeu. Les pentes du surjet et des mailles tricotées ensemble composent des ondulations qui suggèrent un mouvement d’eau. Pour comprendre le rôle des diminutions dans cette texture, il est utile d’explorer la construction d’un point vague au tricot. Dans ce type de dessin, l’inclinaison n’est jamais décorative par hasard : elle dirige le regard et crée le rythme du relief.
Quand préférer le surjet double
Le surjet double enlève deux mailles au lieu d’une. On glisse une maille, on tricote les deux suivantes ensemble, puis on rabat la maille glissée par-dessus le groupe obtenu. La diagonale vers la gauche est plus marquée et convient aux pointes de feuilles, aux sommets de motifs ou aux diminutions rapides. Son complément, le K2SP, construit l’équilibre inverse en fin de rang.
Le surjet simple reste toutefois le meilleur point de départ. Son dessin explique toutes les notions fondamentales : ordre des mailles, inclinaison, compensation par jeté et contrôle de la tension. Dans un ajouré réussi, chaque diminution est à la fois une perte calculée et une ligne qui donne un sens au motif.
Calculer les diminutions et s’entraîner pour maîtriser le surjet simple
Lorsqu’un patron demande de réduire une largeur, le calcul est aussi important que le geste. Imaginons un rang de quarante mailles sur lequel il faut supprimer dix mailles de façon régulière. Quarante divisé par dix donne quatre : on peut donc organiser approximativement une diminution tous les quatre intervalles. Dans la pratique, il faut lire l’instruction du modèle, car une diminution consomme deux mailles pour n’en laisser qu’une et modifie le placement exact des groupes suivants.
Pour une taille de pull, on répartit souvent les diminutions de part et d’autre du vêtement. Si l’objectif est d’enlever vingt mailles sur dix rangs endroit, on réalise deux diminutions sur chaque rang de diminution : une à gauche, une à droite, soit une réduction totale de deux mailles par rang travaillé. Après dix rangs concernés, vingt mailles ont disparu. Cette répartition préserve la symétrie et évite de créer une cassure brutale dans le tissu.
Bonnet, manche et emmanchure : trois rythmes distincts
La couronne d’un bonnet demande des diminutions régulières placées dans des secteurs. Avec quatre-vingts mailles et huit repères, on peut travailler huit réductions à chaque tour de diminution. Le premier tour laisse neuf mailles entre les gestes, puis les intervalles diminuent progressivement. Cette construction fait converger les colonnes vers le sommet, comme les rayons d’une roue.
Une manche, au contraire, se rétrécit souvent lentement. Il faut comparer le nombre de mailles de départ, le nombre souhaité au poignet et la hauteur disponible. Une réduction tous les six ou huit rangs peut créer une pente douce, tandis qu’une diminution à chaque rang produit une forme très abrupte. L’échantillon reste le juge le plus fiable : les mêmes chiffres ne donnent pas la même souplesse selon l’épaisseur du fil.
Pour l’emmanchure, les calculs dépendent de la forme choisie. Une emmanchure droite, une emmanchure arrondie et une emmanchure raglan ne répartissent pas les réductions de la même façon. Il serait hasardeux d’appliquer une formule unique. Mesurez, notez la densité en mailles et en rangs, puis dessinez une petite grille avant de tricoter. Cette préparation est ce qui transforme une série de gestes en vêtement bien proportionné.
Trois habitudes qui sécurisent chaque diminution
- Utiliser des marqueurs pour signaler les endroits où une réduction doit être travaillée et repérer les répétitions.
- Compter les mailles après chaque rang de diminution : une erreur détectée tôt se corrige sans démonter une grande partie de l’ouvrage.
- Garder une tension constante, surtout au moment de glisser et de rabattre la boucle, afin que la ligne reste homogène.
Pour progresser, Lila garde un petit carnet. Elle y colle des échantillons, écrit le type d’aiguille, le fil utilisé et le résultat obtenu avec chaque diminution. Après quelques essais, elle sait qu’une laine très torsadée rend son surjet particulièrement net, tandis qu’un mohair léger réclame une main plus douce. Cette observation personnelle vaut tous les automatismes.
Le surjet simple accompagne ensuite des projets plus ambitieux : un boléro ajusté, un châle ajouré, un gilet d’enfant ou une bordure décorative. Il devient un réflexe, mais ne perd jamais sa fonction première : guider le tissu vers la forme désirée. Maîtriser cette diminution de base, c’est pouvoir modifier le tricot avec précision plutôt que le subir maille après maille.
Le surjet simple est-il identique au SSK ?
Les deux techniques produisent une diminution orientée vers la gauche, mais leur exécution diffère. Le surjet simple glisse une maille, tricote la suivante puis rabat la maille glissée ; le SSK travaille deux mailles glissées ensemble, généralement par le brin arrière.
Pourquoi mon surjet simple est-il lâche ?
La maille glissée a souvent été trop étirée au moment de passer par-dessus la maille tricotée. Travaillez près de la pointe de l’aiguille, relâchez légèrement le fil et ajustez délicatement la boucle voisine si nécessaire.
Où placer un surjet simple dans un rang ?
Il se place fréquemment au début d’un rang endroit, après une ou deux mailles de bordure. Son emplacement exact dépend du patron et de la ligne de diminution que vous souhaitez rendre visible.
Comment compenser un surjet simple dans un point ajouré ?
Ajoutez généralement un jeté dans le même rapport de motif. Le jeté crée une maille et le surjet en enlève une, ce qui conserve le nombre total de mailles tout en formant un ajour.

Je m’appelle Noémi, et je suis une passionnée de DIY. J’adore le tricot, le crochet, la peinture et toutes les activités manuelles qui stimulent ma créativité. Sur ce site, je partage mes projets, mes astuces et mon amour pour l’artisanat.

