Les côtes anglaises transforment un simple fil en une étoffe dense, gonflante et extraordinairement douce. Ce point de tricot, souvent appelé point de brioche, séduit par ses colonnes profondes et son relief généreux : il donne à une écharpe l’allure d’un nuage, à un bonnet une tenue moelleuse et à un pull une présence presque sculptée. Son apparence sophistiquée impressionne, alors que son mécanisme repose sur un geste régulier : conserver un jeté avec une maille et les travailler ensemble au rang suivant.
Le secret d’un résultat réussi ne tient pas à la vitesse, mais à la compréhension du mouvement. Les côtes anglaises demandent de reconnaître les mailles doublées, de garder une tension souple et de lire le dessin qui se forme rang après rang. En suivant une méthode claire, même un débutant tricot peut obtenir un tissu régulier, réversible et confortable. Le fil conducteur de ce tutoriel est celui de Léa, qui veut tricoter une écharpe chaude sans se perdre dans des explications trop abstraites : chaque étape répond à une difficulté concrète rencontrée sur les aiguilles.
En bref
- Les côtes anglaises créent un relief épais, souple et réversible, idéal pour les accessoires d’hiver.
- La méthode classique alterne une maille tricotée et une maille glissée avec son jeté.
- Une laine ronde et des aiguilles à tricoter légèrement plus grosses aident à préserver le moelleux.
- Le point consomme davantage de fil qu’un jersey : prévoir une marge avant de commencer.
- La régularité des jetés compte plus que la rapidité pour un rendu net et équilibré.
Tricoter les cĂ´tes anglaises : comprendre le relief avant de commencer
Avant de monter les mailles, il est utile de regarder ce que raconte le tissu. Les côtes traditionnelles, comme les côtes 1/1, alternent des mailles endroit et envers ; elles se resserrent naturellement et conviennent bien aux poignets. Les côtes anglaises, elles, construisent leurs sillons grâce à des mailles enrichies d’un jeté. Cette réserve de fil donne du volume et produit un tricot plus épais, plus souple et bien plus aérien. Les deux faces sont agréables à voir, ce qui explique leur succès pour les écharpes, les plaids et les cols.
Le terme « anglaises » peut prêter à confusion, car plusieurs points de tricot proches existent. La version travaillée ici est la plus accessible : une maille est glissée avec un jeté, puis ce duo est tricoté ensemble au passage suivant. Le point brioche, selon les traditions et les patrons, peut employer une notation différente ou un montage particulier. Pourtant, l’idée centrale demeure la même : les colonnes visibles sont formées par des mailles doubles qui se superposent doucement.
Le matériel adapté au point de côtes anglaises
Léa choisit une laine mérinos de grosseur moyenne, douce mais suffisamment élastique pour que les colonnes ressortent. Une fibre trop plate ou trop rigide ne rend pas le même service : elle masque les creux et peut alourdir l’ouvrage. Pour un projet enveloppant, une laine mérinos, coton ou fibre mélangée permet de comparer les comportements des matières avant de faire son choix.
Les aiguilles se sélectionnent en fonction de l’étiquette du fil, mais il est souvent judicieux de prendre une demi-taille, voire une taille au-dessus de la recommandation. Pourquoi ? Parce que les mailles doublées resserrent naturellement l’ouvrage. Des aiguilles légèrement plus larges préservent le gonflant sans créer de trous excessifs. Léa utilise des aiguilles circulaires de 5 mm pour son écharpe, même travaillée à plat : leur câble porte le poids des mailles et soulage ses poignets.
| Élément | Choix conseillé | Effet sur les côtes anglaises |
|---|---|---|
| Fil | Laine ronde, mérinos ou mélange souple | Colonnes bien dessinées et toucher moelleux |
| Aiguilles | Une demi-taille à une taille au-dessus | Tissu souple, non comprimé |
| Échantillon | Au moins 15 cm sur 15 cm | Mesures fiables malgré l’élasticité |
| Marqueurs | Amovibles et contrastés | Repères utiles pour les bordures et corrections |
Un échantillon n’est pas une formalité administrative : avec ce point, il évite les surprises. Le tissu s’étire beaucoup dans la largeur et reprend partiellement sa forme après repos. Pour vérifier son comportement, Léa tricote quelques centimètres, lave délicatement son carré, le laisse sécher à plat, puis mesure sans tirer. Elle découvre ainsi qu’une écharpe montée trop largement aurait pu devenir énorme après blocage.
Comptez aussi une consommation de fil supérieure à celle d’un point lisse. Les jetés et l’épaisseur emprisonnent davantage de matière. Si un patron tricot annonce 200 grammes en jersey, prévoir une pelote de marge pour les côtes anglaises est une décision prudente. Le relief se prépare dès le choix du fil : un bon matériel rend le geste plus lisible et le résultat plus vivant.

Tutoriel tricot : la méthode facile des côtes anglaises rang par rang
La version à plat se construit sur un nombre impair de mailles, auquel s’ajoutent deux mailles lisière pour une bordure simple. Pour s’entraîner, Léa monte 21 mailles : 19 pour le motif et une lisière de chaque côté. Elle choisit un montage souple, car un bord trop serré empêcherait l’écharpe de s’étirer harmonieusement. Une fois les mailles sur l’aiguille, le rythme peut commencer.
Le rang préparatoire sert à installer l’alternance. Tricotez une maille lisière, puis répétez une maille endroit et une maille envers jusqu’à l’avant-dernière maille ; terminez par la lisière. Ce rang ressemble à des côtes ordinaires, mais il crée la structure sur laquelle les jetés vont s’appuyer. Il est préférable de le faire calmement : une erreur ici se répercute visuellement sur les premières colonnes.
Les deux gestes qui font fonctionner les cĂ´tes anglaises
Au rang suivant, après la lisière, tricotez la première maille endroit. Amenez ensuite le fil devant l’ouvrage comme pour faire une maille envers, glissez la maille suivante à l’envers sans la tricoter, puis laissez le fil passer par-dessus l’aiguille : vous venez de former une maille glissée avec jeté. Répétez cette alternance jusqu’à la fin du rang. Il ne faut pas séparer le jeté de sa maille : ils voyageront ensemble jusqu’au rang suivant.
Au rang d’après, la logique s’inverse. Après la lisière, glissez avec un jeté la maille qui se présente à l’envers ; lorsque vous arrivez devant une maille accompagnée de son jeté, tricotez-les ensemble à l’endroit. Cette action peut sembler étrange la première fois, mais elle est précisément ce qui crée la côte bombée. Le jeté devient une part de la maille et épaissit la colonne.
- Montez un nombre impair de mailles, plus deux mailles lisière.
- Préparez le dessin avec un rang alternant endroit et envers.
- Sur un rang, tricotez les endroits et glissez les envers avec un jeté.
- Sur le rang suivant, glissez les mailles simples avec un jeté et tricotez ensemble les mailles doublées.
- Répétez ces deux rangs en observant les colonnes qui apparaissent.
Une astuce consiste à nommer mentalement les mailles. Léa se dit « simple » lorsqu’elle voit une maille seule et « double » lorsqu’elle voit une maille accompagnée de son jeté. Une maille double se tricote ensemble ; une maille simple se glisse avec un nouveau jeté. Cette petite phrase évite de mémoriser une suite compliquée et rend la technique tricot beaucoup plus intuitive.
Il faut également résister à l’envie de serrer le jeté. Le fil doit épouser l’aiguille sans étrangler la maille. Si l’aiguille peine à passer dans le duo au rang suivant, c’est souvent le signe d’une tension trop ferme. Après quatre ou cinq répétitions, Léa remarque que les lignes verticales apparaissent ; c’est le moment où le point cesse d’être une consigne et devient une texture. La bonne lecture des mailles transforme ce tutoriel tricot en geste automatique.
Comment réussir les côtes anglaises sans mailles perdues ni bordures molles
La principale difficulté des côtes anglaises n’est pas la complexité, mais la vigilance. Une maille glissée oubliée, un jeté laissé tomber ou une maille double travaillée comme une maille ordinaire créent une rupture dans le dessin. Le tissu ne pardonne pas toujours immédiatement : l’erreur peut se cacher sur deux ou trois rangs avant de devenir une colonne affaissée. C’est pourquoi il est utile d’adopter une méthode de contrôle à intervalles réguliers.
Après chaque rang, Léa pose son tricot à plat et regarde les sillons. Les colonnes doivent monter sans zigzag, tandis que les creux restent alignés. Si elle aperçoit un endroit plus fin, elle cherche une maille dépourvue de son jeté. Une loupe de tricot ou une simple aiguille à laine permet de suivre le fil sans tirer sur l’ouvrage. Corriger tôt demande quelques minutes ; attendre peut imposer de détricoter une longue portion.
Astuces tricot pour garder une tension régulière
La tension varie souvent au début parce que le fil passe alternativement devant et derrière les aiguilles. Pour la stabiliser, gardez le même chemin de fil autour des doigts et ne serrez pas après avoir glissé une maille. Une bonne pratique consiste à étirer doucement le travail tous les cinq centimètres : les colonnes se mettent en place et révèlent si une zone est plus compacte. Cette précaution est particulièrement utile avec une laine sombre, dont les mailles sont moins faciles à lire.
Les bordures demandent aussi une décision. Des lisières tricotées au point mousse encadrent bien une écharpe et empêchent les bords de rouler. Pour les réaliser, tricotez les deux ou trois premières et dernières mailles de chaque rang à l’endroit, puis commencez le motif au centre. Le contraste entre la bordure stable et les côtes profondes donne un rendu net. Léa ajoute trois mailles mousse de chaque côté : son ouvrage paraît immédiatement plus fini.
- Jeté disparu : remontez-le avec un petit crochet, sans capturer un fil voisin.
- Maille double séparée : placez le jeté devant la maille avant de les tricoter ensemble au rang approprié.
- Bord qui s’évase : vérifiez que les lisières ne reçoivent pas accidentellement de jeté.
- Tissu trop raide : relâchez légèrement la main ou utilisez une aiguille plus grosse.
- Motif décalé : comptez les mailles du rang précédent avant de détricoter aveuglément.
Ne confondez pas vitesse et fluidité. Au début, il est plus efficace de réaliser quelques rangs lentement, avec les mailles bien visibles, que de devoir défaire tout un ouvrage. Les adeptes des ouvrages en velours rencontrent une difficulté supplémentaire : le fil masque les boucles et rend les corrections plus délicates. Avant de choisir cette matière, consultez ces conseils pour tricoter la laine velours et adaptez votre éclairage.
Lorsque Léa interrompt son projet, elle note le rang sur un papier ou pose un marqueur près du dernier motif complet. Cette habitude semble modeste, mais elle évite le doute du lendemain : faut-il glisser ou tricoter ensemble ? La régularité naît de petits repères visibles, pas d’une mémoire héroïque.
Patron tricot en côtes anglaises : écharpe, bonnet et pull bien proportionnés
Une fois la mécanique acquise, les côtes anglaises deviennent un terrain de jeu. Leur épaisseur les rend particulièrement adaptées aux accessoires qui doivent isoler du froid, sans exiger une coupe complexe. Une écharpe est le projet idéal pour apprendre : elle se travaille en aller-retour, ne demande ni diminution ni augmentation, et laisse le temps d’apprivoiser le relief. Pour un format adulte enveloppant, Léa vise environ 22 centimètres de large et 170 centimètres de long avant blocage.
Le nombre de mailles ne se copie pas aveuglément. L’échantillon détermine tout : si 10 centimètres correspondent à 14 mailles après lavage, une largeur de 22 centimètres nécessite environ 31 mailles de motif, auxquelles s’ajoutent les bordures. Le calcul devient simple : largeur souhaitée divisée par largeur de l’échantillon, multipliée par le nombre de mailles de l’échantillon. C’est la base d’un patron tricot adaptable à toutes les laines.
Adapter le point Ă chaque projet
Pour un bonnet, le volume des côtes anglaises est un atout, mais aussi un élément à anticiper. Le tissu étant élastique et épais, le tour de tête doit être légèrement inférieur à la mesure réelle afin que le bonnet tienne sans comprimer. On peut travailler en rond avec des aiguilles circulaires, en alternant les tours selon la même logique : les mailles doublées se tricotent ensemble, les mailles simples se glissent avec leur jeté. Au sommet, les diminutions demandent une méthode spécifique ; un modèle détaillé est donc préférable pour un premier essai.
Pour un pull, il est possible de réserver le point aux empiècements, au col ou aux manches afin de limiter le poids. Un vêtement entièrement réalisé ainsi est somptueux, mais il peut s’allonger et demander beaucoup de fil. Les personnes qui cherchent une pièce chaude, structurée et contemporaine peuvent s’inspirer d’un modèle de pull tricot d’hiver, puis ajuster la texture selon leur niveau.
| Projet | Atout des côtes anglaises | Point d’attention |
|---|---|---|
| Écharpe | Deux faces décoratives et grand moelleux | Prévoir assez de fil pour la longueur |
| Bonnet | Chaleur et élasticité | Anticiper les diminutions du sommet |
| Col | Volume protecteur autour du cou | Choisir un montage extensible |
| Pull | Texture spectaculaire | Éviter un poids excessif sur les grandes surfaces |
Les fausses côtes anglaises constituent une autre voie intéressante. Elles évoquent le relief du point brioche, tout en demandant moins de fil et en offrant un rythme parfois plus direct. Elles conviennent aux tricoteuses et tricoteurs qui veulent un effet côtelé sans l’épaisseur maximale. Ce guide pour tricoter des fausses côtes anglaises aide à comparer les deux rendus avant de lancer un grand ouvrage.
Un projet réussi est celui dont la matière, l’usage et la technique dialoguent. Une écharpe cocon peut assumer le gonflant ; une bordure de gilet réclame davantage de stabilité. Les côtes anglaises ne sont pas seulement un motif : elles orientent la silhouette, le tombé et le confort de l’objet fini.
Lire, entretenir et personnaliser les cĂ´tes anglaises pour un fini professionnel
Après le dernier rang, le travail ne s’arrête pas tout à fait. Les côtes anglaises ont besoin d’une finition qui respecte leur élasticité. Un rabattage classique, serré par réflexe, peut transformer une belle écharpe extensible en ouvrage contraint aux extrémités. Léa adopte un rabattage souple : elle tricote deux mailles, passe la première sur la seconde, puis relâche volontairement le fil avant de continuer. Le bord garde ainsi une souplesse proche de celle du montage.
Le blocage doit être doux. Il ne s’agit pas d’étirer le tricot jusqu’à effacer ses reliefs, mais de l’humidifier, de le presser dans une serviette et de le disposer à plat dans ses dimensions naturelles. En séchant, les colonnes deviennent plus régulières et le fil se stabilise. Avec la laine, ce repos révèle souvent toute la profondeur du point ; avec certaines fibres végétales, l’ouvrage peut s’allonger davantage, d’où l’intérêt d’avoir lavé l’échantillon.
Couleurs, rayures et variantes créatives
Le point prend une dimension particulièrement graphique avec deux couleurs. Dans cette version plus avancée, chaque couleur travaille un côté du relief, produisant des colonnes contrastées. Il faut alors maîtriser la gestion des fils et suivre exactement les rangs indiqués par le modèle. Léa commence plus simplement : elle réalise une large bande écrue, puis change de pelote au début d’un rang pour créer une rayure franche. Le relief conserve son caractère, tandis que l’écharpe gagne une allure contemporaine.
Une autre personnalisation consiste à encadrer les côtes anglaises de point mousse, de torsades fines ou d’un panneau de jersey. Ces contrastes font respirer la texture. Sur un coussin, par exemple, un panneau central en brioche bordé de mousse dessine une surface tactile et élégante. Sur un boléro, quelques bandes verticales peuvent allonger visuellement la silhouette, à condition de respecter les mesures et le poids de la maille.
Pour entretenir l’ouvrage, lavez-le selon les recommandations du fil, avec une lessive douce et sans frottement brutal. Ne suspendez pas une écharpe en côtes anglaises encore mouillée : son propre poids risquerait de déformer les colonnes. Séchez-la à plat, remettez doucement les bords en place et rangez-la pliée. Les bouloches légères se retirent avec un peigne adapté, en évitant de tirer les longues fibres.
Enfin, apprendre à observer son tricot offre une liberté durable. Lorsqu’une colonne paraît plus plate, lorsque le tissu se resserre ou lorsqu’un changement de couleur tire trop, le problème devient identifiable avant d’être irréversible. Léa, qui redoutait ce point au départ, finit par reconnaître chaque maille d’un regard ; elle ne suit plus seulement des instructions, elle comprend le dessin qu’elle fabrique. Cette capacité à lire le relief est la vraie porte d’entrée vers des créations personnelles et maîtrisées.
Les côtes anglaises conviennent-elles à un débutant tricot ?
Oui, à condition de commencer par un petit échantillon ou une écharpe. Le geste essentiel consiste à reconnaître une maille simple et une maille accompagnée de son jeté. Travaillez lentement les premiers rangs, avec un fil clair et des aiguilles confortables.
Pourquoi mes cĂ´tes anglaises consomment-elles autant de laine ?
Le point emprisonne davantage de fil grâce aux jetés et à son relief épais. Il utilise généralement plus de matière qu’un jersey ou que des côtes classiques. Prévoyez une pelote supplémentaire, surtout pour une écharpe ou un pull.
Comment éviter que les bords de mon ouvrage se déforment ?
Ajoutez deux ou trois mailles au point mousse de chaque côté et utilisez un montage ainsi qu’un rabattage souples. Évitez aussi de créer des jetés accidentels sur les mailles lisière.
Peut-on tricoter les cĂ´tes anglaises avec du coton ?
Oui, mais le résultat sera moins élastique et moins gonflant qu’avec une laine mérinos. Un mélange coton-laine ou coton-polyamide peut offrir un compromis agréable, à tester impérativement sur un échantillon lavé.

Je m’appelle NoĂ©mi, et je suis une passionnĂ©e de DIY. J’adore le tricot, le crochet, la peinture et toutes les activitĂ©s manuelles qui stimulent ma crĂ©ativitĂ©. Sur ce site, je partage mes projets, mes astuces et mon amour pour l’artisanat.

